Sylvie Abélanet (1962)
Sylvie Abélanet, est née et vit dans la ceinture parisienne, son terrain naturel. Peintre-graveur et mosaïste, elle a étudié à l’École nationale supérieure des Arts Appliqués Duperré à Paris. Elle fonde en 1994 l’Atelier d’Arts Plastiques auquel Pierre Soulages donne son nom, et le dirige jusqu’en 2025. Après de nombreuses années passées dans des ateliers collectifs, elle crée l’atelier Désir d’encre en 2008 à Charenton. Le jardin qui l’entoure en est probablement l’âme.
Titulaire de la Société des Peintres Graveurs, la démarche d’exploration de Sylvie Abélanet est multiple. Elle expérimente avec le même intérêt les techniques de gravure de taille d’épargne que celles en creux sur métal à l’eau-forte, aquatinte et vernis mou. 
Inspirée par la littérature et la poésie, teintée de souvenirs d’enfance, son œuvre dresse une étrange cartographie d’éléments aquatiques et végétaux où l’animal est très présent, comme une fabrique de curiosités. Elle joue avec des ruptures et des inversions d’échelle qui ont pour effet de troubler le regard et de faire basculer une fleur, un personnage hors de sa réalité figurative.
Son regard sur la nature est aussi indissociable d’une démarche spirituelle. Forte de cette observation très précise de la nature, Sylvie Abélanet est profonfément en résonnance avec l’iconographie médiévale animale et végétale : en témoignent ses interpréatations de la scène biblique du Paradis « en morceaux » (gigantesque impression de 12 plaques de zinc pour un ensemble de 3x3m) ou du poème perse Le Cantique des oiseaux, remaquable ouvrage de bibliophilie tiré à 60 exemplaires sur les presses de l’Atelier du livre d’art et de l’estampe de l’Imprimerie nationale en 2019, pour lequel le Prix Jean Lurçat sera attribué.
J’ai cheminé près de deux ans à travers le Cantique des oiseaux, poème de Farîd od-dîn ‘Attâr, auteur du XIIe siècle, pour interpréter les sept vallées traversées avec mes propres pensées et images. Démarche inspirée par l’époque chaotique que nous traversons, la Quête des oiseaux, titre de deux suites d’eaux-fortes que j’ai réalisées, représente la recherche du moi profond, l’élévation de l’âme.
La force de ces images tient en même temps à la rigueur de la composition, à la représentation des personnages et des oiseaux qu’à celle des paysages et des natures mortes, tous traités avec la même attention. Son vocabulaire plastique s’est nourri de la symbolique, du jeu d’échelles et des perspectives qui soutiennent la trame narrative de sa propre création.
Au-delà de l’inspiration et du simple regard sur la nature, l’utilisation même de la matière végétale, l’empreinte d’écorces, de feuilles et de mousses au vernis mou dans ses impressions naturelles marquent le lien puissant de sa création à la nature. Ces bribes de natures intégrées dans son œuvre sont les fragments d’une recherche expérimentale comme spirituelle. 
Les œuvres de Sylvie Abelanet sont dans de nombreuses collections publiques : Mobilier national Manufactures des Gobelins, Bibliothèque Nationale de France, Bibliothèque Nationale d’Espagne, Musée Alexandre Dumas, Villers-Cotterêts, Museum für Druckkunst, Liepzig, Allemagne, Künstlerhaus, Hohenossig, Allemagne, Artothèque de Saint-Maur des Fossés, Artothèque de Chambéry.
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