Markus Hansen (1963)
Markus Hansen est un artiste aux multiples langages. Né en Allemagne, il grandit en Angleterre, vit et travaille à Paris et à Londres avant de s’installer à Venise. Il comprend aussi bien les grammaires de la sculpture (tous matériaux), de la photographie et du film que celles de l’installation et de la performance. Expérience individuelle à portée collective, son travail interroge la société, l’homme et la nature en intégrant les notions d’espace, de temps et de perception, de présence et d’absence, de transformation et de disparition. En utilisant le reflet, le miroir, la dualité et le mimétisme il conçoit un exercice d’évocation et d’empathie.
Les mots de Victor Hugo dans la préface des Contemplations (1856) correspondent entièrement à son œuvre : « Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destinée est une. Prenez donc ce miroir, et regardez-vous-y. On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas ! quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi ! ». En témoigne la longue série de doubles portraits Other people’s feelings are also my own (2007-2011), dans laquelle il s’imprègne littéralement de l’autre dans un dialogue symétrique.
En témoignent également les diptyques d’herbiers photographiés pendant le confinement (2020), démontrant une empathie envers la nature elle-même, l’homme n’étant finalement qu’un atome. « Shadow Herbarium semble composé de pages identiques, comme pour suggérer que le monde ne change jamais. Une ombre n’est-elle pas une illusion éphémère, une rencontre fugace avec le transitoire ? Pourtant, à y regarder de plus près, la succession de diptyques se dresse comme un journal des nuances de la transformation, du déclin, de la décomposition et de la détérioration. Le titre ironique du livre veille à ce que l’on ne s’éloigne jamais de l’illusion de la caverne de Platon ». Dans cette série, la question de la dualité est engagée à chaque double page où un processus organique a été capturé par un objet synthétique, l’appareil photo.
Comme dans la série de doubles portraits Other people’s feelings are also my own, Markus Hansen s’efforce de capter un instantané de nature, superposant et révélant les empreintes et les couches de sens. Un questionnement philosophique du temps, de la disparition, de la trace indélébile.
«Shadow Herbarium» est composé de 13 doubles pages photographiées. Six sont présentées dans le cadre de l’exposition «EMPRUNTER LA NATURE». Elles ont également été présentées dans le cadre de l’expostion «Des Âmes et des Spectres!» (2024).